On imagine souvent que le soin va dans un seul sens.
Que l’un reçoit, et que l’autre donne.
Que le corps s’abandonne, pendant que le thérapeute agit.
Mais dans l’intimité d’une séance, la réalité est plus subtile.
De l’huile tiède entre les mains.
Une respiration qui hésite, puis s’allonge.
Un corps qui arrive avec son histoire, ses tensions, ses silences.
Et il y a nous, en face.
Sans savoir.
Sans projet pour l’autre.
Sans idée préconçue de ce qui “devrait” se passer.
En Ayurveda, on apprend à reconnaître les doshas, les saisons, les déséquilibres.
Mais au moment du soin, ces repères deviennent secondaires.
Ce qui guide, ce n’est pas la théorie.
C’est ce qui est là, maintenant, sous nos mains.
Nous n’entrons jamais dans une séance en pensant savoir ce dont une personne a besoin.
Nous faisons de la place.
À l’intérieur.
Pour que le corps puisse parler à sa manière.
Parfois, la peau est brûlante.
Parfois, elle est froide, presque absente.
Parfois, le souffle est court, retenu depuis longtemps.
Parfois, il s’ouvre en quelques minutes.
Alors, nos mains ne “font” pas.
Elles écoutent.
Elles répondent.
Elles s’ajustent au rythme du vivant.
Et dans cet échange silencieux, quelque chose se passe aussi en nous.
Une respiration partagée.
Un relâchement profond que l’on sent jusque dans son propre corps.
Un silence qui devient dense, presque palpable.
Un soin peut nous rappeler la fragilité du vivant.
La beauté d’un corps qui ose se déposer.
La force tranquille d’un être qui accepte, pour un instant, de ne plus porter seul.
Chaque personne, chaque soin nous enseigne quelque chose.
La patience d’un dos qui met du temps à s’ouvrir.
L’humilité face à une douleur ancienne.
La gratitude devant un relâchement inattendu.
Être thérapeute, ce n’est pas être au-dessus.
Ce n’est pas savoir pour l’autre.
C’est marcher à côté, un instant.
Tenir l’espace pour que la vie puisse se réorganiser à sa façon.
Quand la séance se termine, nous restons souvent quelques secondes immobiles.
L’huile est encore chaude.
Le corps repose.
Le souffle est différent.
Et nous aussi, nous repartons changés.
Pas bouleversés.
Pas envahis.
Mais ajustés.
Avec cette douce fatigue qui dit :
quelque chose de juste a eu lieu.
C’est peut-être cela, la vérité du soin ayurvédique :
il ne transforme jamais qu’un seul côté.
Il relie.
Il ouvre.
Il rappelle que nous sommes, tous, des corps sensibles en chemin.
Et dans cet espace partagé,
entre la peau et le silence,
nous devenons, ensemble,
un peu plus vivants.
🌿
Anaïs & Alexandre
Aaanandha Ayurveda – Genève
★★★★★
« Anaïs is by far the best masseuse I’ve ever had! Attentive, sensible, with an incredibly comforting touch. I come back regularly every 6 months and it’s always a rebalancing experience. Thank you! »
— Claudia T.



Laisser un commentaire